L'enfant intérieur Partie 3: peurs et blessures

Que s’est-il passé pour que notre enfant intérieur soit blessé ? Une plaie qui peut parfois nous affecter

L’événement qui a blessé notre enfant intérieur

Que se passe-t-il lorsque notre enfant intérieur a été blessé à un moment de notre enfance et que cette situation continue d’influencer nos actes d’hommes et de femmes accomplis ?

De nombreuses théories tentent d’expliquer cette situation et l’une d’elle est connue sous le nom « d’événement d’interruption »..


Cet événement d’interruption est un fait qui nous a marqué au fer rouge, comme le dit le dicton populaire, et qui a forgé notre personnalité. Voilà comment cela se déroule : depuis notre naissance, nous vivons dans une « continuité confortable », qui nous permet de survivre et qui nous apporte tout ce dont nous avons besoin (de la nourriture, de la tendresse, un abri, etc.). Cependant, notre vie bascule pour toujours le jour où nous frappe un événement terrible qui vient interrompre cette continuité confortable.


Dans la plupart des cas, cet événement est associé à une émotion très douloureuse, comme la mort d’un proche, une peur intense, la séparation de nos parents, le mépris, etc. Mais cela peut également être une chose qui semble insignifiante, comme une parole, une attitude ou une décision.


Quand un événement à été trop fort en rapport avec la maturité du corps et de la psyché de l’individu, c’est qui arrive le plus souvent dans l’enfance, la trace de l’information n’est plus harmonieuse et est mal intégrée, cela entraîne potentiellement a court ou long terme toute sorte de symptômes possibles y compris bien sûr des blocages corporels. C’est ce qu’on appel un Trauma. C’est aussi pourquoi on focalise le plus souvent en psychothérapie, sur la reconnexion avec cette Enfant Intérieur, car c’est souvent cet enfant qui a besoin d’être accompagné de nouveau pour mieux intégrer l’expérience mal vécue.


L’enfant intérieur agit de façon négative et destructrice quand la personne n’a pas vécu pleinement son enfance. Moussa Nabati (psychanalyste et thérapeute) parle d’une « enfance non consommée, avortée, sautée, inaccomplie, inachevée, manquée, ratée, blanche. » Il utilise l’expression de l' «enfance blanche » pour désigner une enfance « non vécue, comme un bulletin de vote blanc sur lequel rien n’est inscrit, comme une nuit blanche sans sommeil ».


Communiquer, et être en bon terme avec son enfant intérieur n’est donc pas une simple vue de l’esprit, cela revient à essayer de faire la paix avec son histoire et certains morceaux qui nous sont restés en travers de la gorge à une époque ou nous n’étions pas en mesure d’en digérer plus.

Cet enfant et la manière dont il a vécu les événements traumatisants, ont participé à construire l’être que vous êtes aujourd’hui, l’aider à mieux vivre son histoire peut avoir un effet saisissant sur l’avenir de celui que vous pouvez tous les deux devenir.

Regard rapide sur les familles dysfonctionnelles

Une famille dysfonctionnelle est un système familial dans lequel conflit, mauvaise conduite et souvent négligence ou abus de la part des parents se produisent continuellement et régulièrement. Souvent, les enfants grandissent dans de telles familles en pensant qu’un tel arrangement est normal. Les familles dysfonctionnelles résultent principalement de l’union d’adultes codépendants, et peuvent aussi être affectées par des addictions, telles que l’abus de substances (alcool, drogues), ou parfois une maladie psychique non traitée. Il est possible que les parents dysfonctionnels imitent ou corrigent à l’extrême les comportements de leurs propres parents dysfonctionnels.


L’une des règles des familles dysfonctionnelles, l’interdiction d’éprouver, empêche l’enfant intérieur de simplement savoir ce qu’il ressent. Dans ces mêmes familles, une autre règle, celle du silence, prohibe l’expression des émotions. Dans certains cas, cela signifie que certaines émotions seulement peuvent être exprimées, car la règle du silence varie d’une famille à l’autre…


L’enfant issu d’une famille dysfonctionnelle n’a habituellement aucun allié, personne vers qui se tourner pour exprimer ses émotions. Aussi les exprime-t-il par le biais de l’acting out ou de l’acting in, les seules manières qu’il connaisse. Plus le refoulement s’effectue précocement, plus les émotions refoulées s’avéreront destructives…

La dépression infantile précoce selon Moussa Nabati

D’après lui, ce qui empêche l’enfant d’habiter pleinement son enfance pour pouvoir poursuivre sainement sa croissance est dû à l’émergence d’une dépression infantile précoce (DIP).


La dépression infantile précoce se produit lorsqu’un enfant humain subit une carence narcissique, une privation significative d’amour et de sécurité dans son enfance. Moussa Nabati liste plusieurs facteurs de dépression infantile précoce :


« L’enfant est victime de désamour, d’abandon ou de maltraitance.

Les parents de l’enfant, bien que physiquement présents, deviennent psychologiquement absents, voire inexistants, absorbés par leurs soucis et difficultés.

L’enfant se convainc qu’il est coupable de tout ce qui arrive de négatif, qu’il est donc mauvais, nocif et, par conséquent, indigne d’être aimé.

L’enfant peut souffrir de carence narcissique s’il n’a pas été désiré simplement pour lui-même, dans la gratuité du désir (s’il a été conçu, par exemple, pour remplacer un petit frère ou une petite sœur disparu(e), pour réparer le couple parental bancal et est donc chargé d’une mission thérapeutique inconsciente).

L’enfant peut se trouver concerné, sans en avoir conscience, par un contentieux transgénérationnel (celui-ci consiste à recevoir du côté des générations précédentes ce qui est demeuré refoulé, secret, interdit d’accès à la parole et à l’élaboration consciente, ou, d’une façon générale, tout ce dont le deuil n’a pu être accompli : conflit, trouble, accident, mésaventure, etc.).

Pour ce motif, la digestion, la métabolisation, le recyclage de ces événements afin de les transformer en engrais, en sève et en tremplin pour nourrir et élever le psychisme deviennent compromis. Tout ce qui n’a pas été normalement vécu, qui a subi brutalement un avortement, un arrêt, se transforme en fantôme errant et persécuteur au lieu de servir d’ange gardien protecteur» Mousa Nabati

La priorité absolue: sauver son enfant intérieur

Tout ce qui n'a pas été vécu sainement dans l'enfance, tous les traumatismes infantiles, toutes les émotions continuent de hanter l'adulte en devenir. Ces fantômes, loin de disparaître, de s'effacer, maintiennent la personne non seulement dans des positions infantiles, mais dans des états de souffrances et de mal-être.


Comme des plaies béantes, ces fantômes ne sont pas nos ennemis. Ils ne sont que l'expression de l'enfant intérieur qui cherche à se faire reconnaître pour aller bien, pour se développer. Et il ne le peut tant qu'il reste enchaîner à ce qui a entravé son développement, tant qu'il demeure dans les manques infantiles. D'où la nécessité de réhabiliter l'enfant intérieur qui constitue une partie de notre monde intérieur.


Pour survivre, s'adapter, l'enfant que nous étions, n'a eu d'autre choix, que subir, se taire. Pour nous affranchir de ses souffrances, il faut donc se réapproprier son histoire, ses émotions si longtemps tues, accorder une place, un droit à la parole à son enfant intérieur blessé. Écouter ce qu'il a à dire, entendre ce qui lui fait défaut. Comme des plaies, nous n'avons d'autre choix que de panser, une à une, ses blessures infantiles afin de faire la paix avec notre passé.


Pour guérir, devenir un adulte heureux, il est donc indispensable de prendre conscience de sa présence, de ce qu'il a à dire, à exprimer et de reconnaître sa propre histoire au lieu de « se blinder », de fuir notre monde intérieur comme le choléra, de chercher vainement des solutions extérieures magiques qui anéantiraient nos souffrances d'un coup de baguette. Ces solutions n'existent pas, ou ne seraient que de la poudre de perlimpinpin. C'est en soi que se situent les fondations de notre être. Les solutions ne peuvent donc que se trouver à l'intérieur de soi, pas dans l'amour d'un autre, dans la rencontre parfaite ou un travail idéal.

L’importance capitale de s’aimer et d’aimer les autres


Comment adopter un comportement aimant de l’adulte envers l’enfant intérieur ?


Un comportement aimant, c’est celui qui nourrit et soutient notre croissance émotionnelle et spirituelle et celles des autres. Cela implique avant tout d’assumer sa souffrance comme sa joie. – Margaret Paul


S’aimer soi-même, c’est donc :

- Prendre la responsabilité de guérir nos blessures passées et présentes,

- Explorer nos croyance négatives et limitantes afin de les décontaminer en rétablissant la vérité,

- Découvrir ce qui, pour soi, est source de joie,

- Agir dans le sens de la joie.


Aimer les autres, c’est :

- Vouloir pour eux ce qu’ils veulent pour eux-mêmes,

- Les soutenir dans tout ce qu’ils entreprennent pour vivre dans la joie.


Mais comment faire pour s’aimer soi-même ?

Non, s’aimer soi-même, c’est prendre soin de son "enfant intérieur". Pour vous donner une idée, l’enfant intérieur, c’est un peu comme le "siège de nos émotions". C’est celui qui nous fait parfois (souvent) réagir émotionnellement comme un enfant de quatre ans. C’est comme si vous essayiez de vivre dans un monde d’adultes avec des émotions d’enfants et cela peut par exemple vous amener à vous sentir très seul, à avoir peur du monde extérieur, à ne pas savoir quoi faire, à qui demander de l’aide ou comment vous protéger.

Reconquérir en arpentant le chemin de la peur

Notre innocence enfantine (notre confiance et notre spontanéité) avec laquelle nous sommes tous nés, a été occultée à cause des traumas que nous entretenons. Maintenant, ce que nous trouvons quand nous entrons dans notre vulnérabilité, c’est un monde de peurs profondes, de panique et même de terreur. Nous avons appris depuis tout petit à trouver des moyens pour compenser ces peurs profondes bien installées, afin de survivre, mais cela ne veut pas dire que ces peurs ont disparu. Au contraire, elles se sont installées plus profondément dans notre inconscient.


Notre enfant intérieur blessé a un mental qui a son propre fonctionnement et qui est complètement indépendant de celui de l’adulte qui compense. Il ou elle vit dans son propre monde, un monde basé sur les expériences et les souvenirs de ce passé lointain. Il ou elle est encore intensément vivant et influence très fortement le présent


Qu’est-ce que la peur ?


Nous avons des peurs profondes concernant notre survie (gagner assez d’argent, être capable d’être indépendant…) Nous avons des peurs concernant un éventuel dysfonctionnement sexuel, être insuffisant, impuissant. Nous avons des peurs profondes d’être mal aimé, des peurs d’être rejeté, indésirable. Nous avons peur qu’on nous manque de respect, d’être injurié, ignoré, ridiculisé. Nous avons peur d’affronter quelqu’un, peur de ne pas savoir qui nous sommes. Nous avons des peurs concernant le fait de ne pas être capable de nous exprimer, d’être insignifiant… À un niveau, plus profond, il y a toujours les peurs du vide et de la mort qui sont probablement à la base de toutes les autres peurs.


Les peurs de notre être, et les peurs de notre enfant intérieur sont différentes. Les peurs de notre être concernent la mort et la dissolution, les peurs de notre enfant intérieur concernent plus notre participation à la vie de tous les jours. Nous travaillons sur les quatre peurs basiques de l’enfant intérieur, toutes ayant leur origine d’une façon ou d’une autre dans le trauma de nos premières années.


Nos peurs sont cachées par le déni


Pour affronter nos peurs nous devons les reconnaître ; nous devons admettre qu’elles sont bien là et regarder d’où elles viennent. Dans notre conditionnement il n’y a aucune place pour la peur car on nous a enseigné de cacher nos peurs.


Notre culture ne nous encourage pas à être honnête en ce qui concerne nos peurs, pas plus qu’elle ne réalise combien la peur nous a été inculquée. De toute façon comment pourrait-on exprimer ce avec quoi on n’est même pas en contact ? On l’élimine par des mesures de protection, le déni et l’inconscience, cachant notre vulnérabilité sous un masque, car c’est ce dont on a besoin pour survivre. D’une façon ou d’une autre, on s’arrange, en prétendant que tout va bien. On apprend à se débrouiller. On reste hypnotisé par notre ‘débrouillardise’ sur ce sujet, sans reconnaître combien de peur on cache à l’intérieur de nous.


Tant que nous sommes dans cette hypnose, on se trompe soi-même en croyant que c’est moins douloureux de nier la peur que de lui permettre de faire surface.


Les quatre grosses peurs de l’enfant intérieur blessé :


1. les peurs de pressions, et d’attentes,

2. les peurs de rejet et d’abandon,

3. les peurs de ne pas avoir son espace, d’être incompris ou ignoré,

4. les peurs de maltraitance physique ou énergétique, ou de violation.


Le premier pas consiste à accepter la peur


La première guérison essentielle de notre codépendance et de notre enfant blessé vient quand nous pouvons reconnaître, accepter et donner de l’espace à cette panique. Habituellement nous ne faisons pas cela. Nous nous enfuyons de notre sentiment de peur :


1. En prétendant qu’il n’existe pas

2. En le repoussant par des compensations

3. En étant une victime, en devenant impatient, en colère contre l’existence ou contre toute personne proche de nous, pour avoir à ressentir cette peur et cette panique

4. En remettant à plus tard

5. En jugeant

6. En régressant inconsciemment et en essayant de trouver quelqu’un d’autre pour prendre soin de notre enfant paniqué.


Cela me demande encore beaucoup de courage pour permettre à ces sentiments de se manifester.

Il y a toujours une inquiétude, que si l’on admet l’existence de ces peurs elles nous dépassent et qu’elles dirigent notre vie. Pour leur faire face, nous devons boucher les fuites – les façons que l’on a de s’enfuir.



Examiner à nouveau les quatre peurs de base :


1. pressions et attentes,

2. rejet et abandon,

3. on ne vous donne pas votre espace, vous êtes ignoré ou incompris

4. maltraitance physique ou énergétique, violation.


En les prenant chacune en considération, l’une après l’autre, demandez-vous :


– Avez-vous ces peurs ?

– Qu’est-ce qui les provoque dans votre vie d’aujourd’hui ?

– Que vous rappelez-vous de votre passé qui aurait pu contribuer à ces peurs ?

– Comment ces peurs affectent-elle les différents aspects de votre vie – votre sexualité, votre capacité à vous affirmer vous-même, votre créativité, votre relationnel ?

La reconquête de l’enfant intérieur, attention au piège.


Beaucoup de personnes pensent que ce contact avec l’enfant intérieur implique d’emblée de pouvoir lui témoigner de l’affection et de l’amour. Quand ils essayent, soit ils plaquent des réponses aimantes qui sonnent alors creux, soit ils perçoivent clairement qu’ils n’y arrivent pas. Ils en déduisent que le processus est un échec et restent avec ce sentiment d’impasse et d’impossibilité de connecter avec eux même. Et même si ils ressentent bien l’existence de cet enfant intérieur, ils restent bloqué avec cette idée qu’il ne savent pas quoi en faire.


Alors qu’en fait, « savoir quoi faire » avec son enfant intérieur n’est pas primordial dans un premier temps. La plupart du temps, si nous ne sommes pas à l’écoute initialement c’est justement parce que nous ne savons pas quoi en faire. Il est donc tout à fait normal de commencer par ce sentiment lorsque l’on reprend le contact. C’est donc souvent la première chose avec laquelle il faut entrer en connexion et l’accepter en explorant plus avant ce que cela nous fait, d’être ainsi impuissant et peut être vulnérable.


Comme cet enfant est aussi nous même, on peut alors tenter de percevoir ce que cela lui fait à lui, de nous voir ainsi impuissant. En fait c’est un sentiment que l’enfant connait bien puisqu’il l’a souvent exploré avec les adultes, comme ses parents par exemple. Dans la plus part des cas, même avec des parents aimants qui ont fait du mieux qu’ils pouvaient, si il y a symptôme, c’est que quelque chose a manqué dans l’écoute et l’accompagnement de certains besoins émotionnels et existentiels profonds de l’enfant. Donc, en résumé, nous ne savons pas « quoi en faire » car nous n’avons pas eut l’accompagnement nécessaire pour nous apprendre.

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